roman

Johnny a tué mon père – Elsa Levy

J’ai découvert il y a peu la chouette plateforme d’échange Simplement qui met en lien les maisons d’éditions/auteurs avec les chroniqueurs. C’est grâce à ce super système que j’ai lu le dernier livre d’Elsa Levy: « Johnny a tué mon père ». Il y a beaucoup de livres sur Simplement, mais j’ai tout de suite été convaincue par le style dynamique de l’autrice. Un simple coup d’œil sur son site vous suffira à ressentir cette énergie.

Si vous étiez en France en 2017, vous n’avez pas pu échapper à la folie médiatique qui a entourée la mort de Johnny. C’est justement ce qui arrive à Louise Langlois, héroïne de »Johnny a tué mon père ». Sauf que Louise, elle s’en fiche car elle a perdu son père le même jour que Johnny a décidé de quitter notre monde. Même si c’est un événement terrible pour Louise et sa famille, il est totalement englouti par le vacarme des média.

Un roman drôle et touchant

Le sujet du deuil est assez difficile à gérer. Mais l’humour et l’ironie marquent ce roman, lui donnant une rythmique intéressante. Avec des phrases comme « Indisponible actuellement. Et pour l’éternité », Elsa Levy nous met le sourire aux lèvres.C’est la grande force de la première partie de ce roman ou les situations comiques font disparaître l’ambiance pesante du deuil. J’ai beaucoup aimé la scène où Louise allume les cierges de l’église avec son briquet en face du prêtre totalement choqué.

Mais ce roman comporte aussi beaucoup de scènes touchantes qui rappellent ses petites choses de la vie auxquelles on peut tous s’identifier. Il y a de très beaux moments entre Louise et sa mère. Même si j’ai trouvé Louise très dure avec elle certaines fois, et qu’on sent une certaine distance entre les deux femmes, il y a aussi de la tendresse. Sa mère est attachante et j’ai ressenti beaucoup de compassion pour cette femme qui fait de son mieux pour gérer le deuil tout en restant digne. Quand elle oublie de mettre ses chaussures et part dehors en chaussons alors qu’elle est tellement coquette en temps normal, j’ai eu le coeur brisé pour elle, tout en trouvant la situation assez cocasse.

Une écriture rentre-dedans
Dès le début du roman, on rentre direct dans l’ambiance avec un beau « Ça c’est rock’n roll putain de merde! ». Elsa Levy n’a pas peur des mots crus qui feraient lever les yeux au ciel à certains amoureux de la bienséance. Pour moi, c’est clairement ce style décalé et non scolaire qui rend le roman intéressant. Le choix des mots est osé ainsi que les comparaisons.On accrochera ou on n’accrochera pas, mais ça a le mérite d’être totalement assumé.

Et Johnny dans tout ça?

Bien malgré lui, Johnny va aider Louise à surmonter son deuil et lui montrer qu’il est grand temps de vivre sa vie et se libérer de son besoin perpétuel de plaire à son père (un peu dommage quand même qu’il ait du mourir pour qu’elle le réalise). Elle se trouvera des points communs inattendus avec le chanteur, se noiera dans sa vie pour oublier d’affronter la sienne. Et il sera même celui qui lui donnera les armes pour un savoureux pied de nez rock’n roll à la fin du roman: de quoi bien terminer ce livre.

Merci encore à Elsa Levy pour m’avoir proposé de lire son livre.

Quelques citations pour la route

  • On aurait dit une internée de Saint-Anne en cavale. Ou non, en fait, on aurait dit ma mère.
  • Un pigeon m’a fienté dessus dès que j’ai posé un pied dehors.
  • Je me suis mouchée tellement fort pour éjecter ce bloc qui obstruait le haut de ma tête, que j’ai eu peur de retrouver mon cerveau dans le kleenex.

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